Dans le paddock de la Nissan Deltawing
Contrairement à ce qu’on l’on pourrait croire, le monde du blog automobile n’est pas composé (uniquement) de jeunes qui se tapent sur la gueule pour savoir qui à le plus grand nombre de fans sur facebook, ou pour être invités et chouchoutés par des marques qui misent chaque jour davantage sur ce média. Non, parmi nos camarades, on trouve également des chics types, comme Adrien d’abcmoteur.fr, qui nous proposent de les remplacer à des évènements auxquels ils ne peuvent pas participer, faute d’emploi du temps.

C’est donc en temps que représentant d’autOrigin et d’abcmoteur que je me suis rendu à Magny-Cours ces jeudi 3 et vendredi 4 mai, afin d’assister aux premiers tours de roue de la Nissan Deltawing en France.
Souvenez-vous, nous vous avions déjà parlé de l’engin. Une fusée sur roues prête à dévorer l’asphalte du Mans lors des prochaines 24h. Un poids, une puissance et une consommation divisés par deux, des pneus avant ridiculement fins, une conception reposant quasi entièrement sur l’aérodynamisme…en clair, un doigt d’honneur magistral aux autres compétiteurs.

La team et les investisseurs étant pour la plupart américains, j’ai pu assister à ce que j’appelle un évènement « international ». Manque de chance, c’est souvent l’occasion de se rendre compte que notre niveau d’anglais, auparavant « courant » est passé à « de merde », faute d’entretien. C’est aussi l’occasion de rencontrer des journalistes TV qui, comme d’habitude, ne voient aucun intérêt aux blogs, ou de croiser des personnes qui se présentent comme étant des « community-managers ».
Jour 1 – Jeudi 3 Mai
L’expérience a commencé à la gare de Nevers, sous un soleil radieux et une température supérieure de 10° au Nord que j’avais quitté bien plus tôt, dans la matinée. Notre chauffeur, un jeune photographe, nous attendait à côté d’un Nissan Juke rouge vif, qui présente la particularité assez drôle de partager son moteur avec la Nissan Deltawing.
Nous traversons la Loire sur fond de musique jazzy, passons devant les maisons-mères de Mygale et d’Exagon Motors pour nous arrêter à l’Alliance Hôtel.
Le repas n’ayant lieu qu’à 19h30, je décide de faire un tour des environs, armé de mon appareil photo. Un bruit tonitruant et des passages de vitesse rageurs retentissent au loin, on m’annonce que c’est Mygale qui tourne un peu sur le circuit. L’envie grimpe assez vite en moi, j’entre chez eux via l’entrée visiteur, espérant croiser du staff et pouvoir discuter, notamment de leurs projets. Manque de chance, c’est ouvert mais totalement vide. Je me console en admirant une Street Formula en construction à travers une vitre qui donne une vue sur l’atelier.
Mais je m’égare, revenons à la Deltawing. De retour à l’hôtel, direction le repas…une fois assis à table, je lis quels seront mes voisins: Silvia, responsable du projet Deltawing chez Michelin à ma droite et Lucas Ordonez à ma gauche, le premier « pilote jeu vidéo », vainqueur de la GT-Academy en 2009, depuis pilote Nissan! On nous annonce qu’il sera au volant du prototype lors de la course. Le veinard.
L’ambiance est bonne, nous plaisantons sur le débat GT5 vs Forza, les journalistes évoquent leurs derniers essais, Lucas me parle de son parcours, me confie qu’il ne serait pas contre boire un petit verre de blanc, histoire de tomber plus facilement de sommeil, et ainsi de récupérer un maximum pour le lendemain, mais qu’un tel geste pour un pilote serait mal vu, etc. Le tout est vraiment bon enfant.
Je décide de sortir un instant pour m’aérer et discuter avec Patrice, fondateur de la référence qu’est Pitstop et président du club Nissan GT-R France (oui, rien que ça). Un homme assez âgé finit par nous rejoindre.
P: – Tu sais qui c’est?
M: – Pas vraiment…un investisseur du projet Deltawing, je suppose.
P: – C’est Don Panoz.
M: -Oh putain! [... ] Sir, it’s an honor to meet you!
L’homme (que dis-je, le Dieu) semble confiant, et crois sincèrement en la voiture. Au point de se tenir là, de suivre ainsi le staff, je n’y aurais pas cru.
Voilà qui force le respect.

Jour 2 – Vendredi 4 Mai
Maintenant si vous le voulez bien, parlons (enfin) un peu de cette Deltawing.
Il est 9h, et je l’aperçois pour la première fois. D’emblée, je suis surpris par sa taille, plus imposante que ce à quoi je m’imaginais. Et dire que les ingénieurs présents ont pu contenir ce monstre à un poids total de 575kg…le carbone est de rigueur.
L’arrière du véhicule n’est pas encore place, l’occasion de contempler ce qui n’est effectivement qu’un 4 cylindres 1.6L DIG-T de Nissan Juke, gonflé à 300ch à l’aide d’un turbo, et à échappement direct. Chose amusante, et que je découvre à cet instant: la voiture n’a pas de batterie.


Une fois les pneus Michelin gonflés, chauffés et montés, c’est au tour de Marino Franchitti, deuxième pilote de la voir, de s’installer à son bord, et de fixer le volant.
La voiture démarre…et…hum…voui, c’est bien un 4 cylindres. Une sonorité vraiment « fillette » face de la Toyota TS030 qui occupe le paddock juste à côté.
La voilà qui part, et qui (miracle), tourne. Pour avoir vu l’avant du prototype, je me demande encore comment cela est possible. Marino nous explique qu’après 2 tours à son bord, il a pu se rendre compte qu’au final « ce n’est qu’une voiture de course comme les autres ».
Les réglages sont nombreux, peu de tours de circuits sont effectués, j’en profite pour faire un maximum de photos. Vers 11h, un problème de boîte de vitesse oblige le démontage de celle-ci. Mon train partant à 14h, je ne la verrais plus tourner.


Et donc, que penser de tout cela? A-t-elle vraiment ses chances?
Je suis plutôt mitigé…la team peut aisément faire parler d’elle, peut-être prouver quelque chose. Mais gagner semble bien plus difficile.
Et même si cela venait à arriver, le numéro #0 n’apparaitra pas dans le classement final…Prouver quelque chose, on vous dit.

Fiche technique, pour qui ça intéresse
Moteur:
Type: 4 cylindres 1.6L Nissan DIG-T (Direct Injecton Gasoline Turbo)
Puissance maximale: 300ch
Couple maximal: 312Nm
Suspension:
Amortisseurs: Hydrauliques | Barres anti-roulis: Barre de torsion arrière
Transmission:
Boîte de vitesse: 5 vitesses séquentielle
Embrayage: 2 plaques de carbone de 4,5″
Changement des vitesses électrique, au volant
Freins: Type: Carbone | Ventilation: À air
Pneus: Avant: 10/31/15 Michelin | Arrière: 31/62/15 Michelin
Châssis: Poids: 575kg | Type: Monocoque homologuée par la FIA
Carburant: Réservoir de 40 litres
NB: Les photos sont disponibles en plein taille, juste ici.


Miam , elle en impose la fillette :D
Si effectivement elle n’as sans doute pas ces chances de victoire, au final ce n’est pas grave : une beautés pareille vaut bien le coup d’oeuil , et saluons la performance qui est de vouloir proposer une alternative a la puissance brute, il faut du courage pour et il en ont apparemment.
Je leur souhaite une bonne réussite.
La Nissan est la voiture la plus interressante de ses dernières 24h… et en plus c’est une deux places (serrées… mais quand même)
En plus du plus c’est le premier moteur 1600 cm3 au Mans depuis …………1963 !!! et elle tourne à 10s seulment des meilleures lmp1 ; Vive l’homme et sa créativité ??? Les pessimistes ont toujours tort !!!
@grouvel: J’étais pessimiste car sur place… Et il faut dire que la voiture était loin d’être au point 2 petits mois avant le Mans/ Donc le doute pouvait être permis, je pense :)
Au final, elle a su prouver le contraire, dommage qu’elle n’ait pas pu terminer la course…